Débouchage WC à Ellezelles : les Collines de l’Enclus, l’eau calcaire et ce que la pente fait aux conduites
Ellezelles est perchée sur les Collines de l’Enclus — une des rares zones de relief significatif en Hainaut occidental, entre le plateau hennuyer et la frontière française. Les maisons du bourg se dispersent sur les flancs d’une colline qui domine les plaines environnantes de plus de deux cents mètres. Ce relief n’est pas anecdotique pour les conduites d’évacuation : dans les rues en forte déclivité d’Ellezelles, les conduites ont de la pente — parfois trop, parfois insuffisamment selon les tronçons et les contrepentes que la topographie impose.
L’eau à Ellezelles est modérément calcaire — entre 18 et 22 degrés français selon les captages locaux, ce qui reflète la géologie de transition entre le plateau hennuyer calcaire et les zones argileuses des Collines. Ce n’est pas aussi dur que la Hesbaye ou le Borinage, mais suffisamment calcaire pour créer des dépôts progressifs dans les conduites en fonte des maisons d’avant 1980. En vingt ans sans curage, une colonne perd généralement entre 15 et 25 % de sa section dans cette eau.
Le bâti d’Ellezelles est rural et varié. Le bourg principal a quelques maisons de village du XIXe siècle et des constructions plus récentes. Le hameau de Lahamaide, au sud, a un profil plus agricole — des fermes en brique du pays, quelques maisons anciennes. Entre les deux, une campagne de chemins creux, de haies bocagères et de propriétés dispersées dont certaines sont hors réseau collectif.
Jeudi 24 avril 2025, intervention dans une maison du hameau de Lahamaide. Le propriétaire signale un WC qui se vide lentement depuis deux semaines. Il a essayé la ventouse à plusieurs reprises sans résultat. La maison date de 1962, la colonne principale est en fonte. La caméra révèle deux choses : des dépôts de tartre sur toute la longueur de la colonne — section réduite à 58 % au coude sous la salle de bain — et une légère contre-pente dans le branchement extérieur, à 4 mètres de la maison, probablement due à un léger tassement du sol argileux sous l’accès. L’hydrocurage nettoie la colonne. La contre-pente, elle, restera — il faudra surveiller.
Les maisons construites sur les flancs des Collines de l’Enclus ont une particularité que les maisons de plateau n’ont pas : leurs branchements extérieurs descendent dans des terrains souvent argileux — les limons profonds des Collines. Ces sols argileux bougent avec les saisons — gonflement en hiver humide, rétraction en été sec. Ces mouvements de sol peuvent progressivement décaler les manchons des conduites PVC posées dans les années 1980–2000, créant des reliefs internes ou de légères contre-pentes.
La partie rurale autour d’Ellezelles — les chemins creux et les fermes dispersées entre le bourg et Lahamaide — a aussi ses propres spécificités. Les haies bocagères anciennes qui bordent les chemins ont des racines de charmes, de frênes et d’aubépines qui cherchent l’humidité des joints des conduites extérieures en grès ou en béton. On voit ce type d’intrusion racinaire dans les propriétés avec des branchements qui traversent des parcelles haies depuis plus de vingt ans.
Avec un terrain pentu, un sol argileux sujet aux mouvements saisonniers, et des haies bocagères qui entourent les propriétés rurales, une inspection caméra canalisation est l’outil de départ indispensable. Elle permet de voir la pente réelle de la conduite, l’état des joints, et l’éventuelle présence de radicelles — trois informations qu’on ne peut pas obtenir autrement.





