Débouchage canalisation à Amay : entre la Meuse, le calcaire et les vieux tuyaux
La Meuse longe Amay depuis des siècles. C’est elle qui a façonné les sols alluviaux de la rive gauche, déposé des couches d’argile et de limon sous les quartiers les plus anciens de la commune, et distribué une eau modérément calcaire à l’ensemble du réseau. À Amay, la dureté de l’eau oscille autour de 18 à 22 degrés français selon les secteurs — suffisant pour que les dépôts s’installent progressivement dans les conduites en cuivre des années 1960-1970, et encore plus vite dans les anciens tuyaux en zinc que l’on trouve parfois dans les maisons de maître du bord de Meuse.
La commune comprend plusieurs entités : Amay-centre, Ampsin, Ombret, Jehay et Flône. Entre le centre bien desservi par le réseau collectif d’assainissement et les villages plus éloignés comme Flône ou certaines parties de Jehay, qui fonctionnent encore partiellement avec des fosses septiques individuelles, les configurations de plomberie changent considérablement. Ce n’est pas anodin : les problèmes ne se traitent pas de la même façon selon qu’on est raccordé au tout-à-l’égout ou qu’on dépend d’une installation autonome.
Le bâti à Amay est varié. Côté Meuse, on trouve des maisons de maître construites entre 1880 et 1930, avec leurs caves profondes et leurs colonnes en fonte vieillissantes. Dans les rues perpendiculaires montant vers le plateau, c’est plutôt du logement ouvrier des années 1945 à 1965 — mitoyens, construits vite, avec des descentes de gouttière qui finissent parfois dans le réseau d’eaux usées au lieu des eaux pluviales. Et aux abords du château de Jehay, quelques propriétés récentes avec toutes les canalisations en PVC, qui posent des problèmes différents.
Dans ce contexte, il est difficile de traiter un appel pour canalisation bouchée à Amay comme un cas standard. On arrive avec une idée du terrain, on confirme avec la caméra, et on choisit l’outil adapté. Rarement dans l’autre ordre.
Mardi 8 juillet 2025 — intervention rue du Baty, à Amay-centre. Une propriétaire appelait pour des WC qui refluaient depuis deux jours. En cause : un siphon de sol en PVC partiellement obstrué par du papier et des résidus de savon durcis. Le furet a suffi. Mais pendant l’inspection caméra, on a découvert une fissure sur un tronçon en grès à environ quatre mètres en aval. La propriétaire n’en savait rien. Elle avait son problème résolu, et on lui a montré ce qu’elle allait retrouver d’ici un an si elle ne réparait pas ce tronçon. Elle a décidé de planifier les travaux en automne.
C’est souvent comme ça que ça se passe à Amay. Le bouchon n’est que la surface visible. Ce qui est en dessous, dans les conduites enterrées sous les vieilles maisons de la rue de la Meuse ou derrière les caves d’Ombret, c’est une autre histoire.



