Débouchage canalisation à Awans : la méthode dépend du quartier, pas du bouchon
Awans est une commune de plateau liégeois — ni vraiment urbaine, ni vraiment rurale. Sa position entre Liège et la Hesbaye agricole lui a valu un développement résidentiel en deux vagues distinctes. La première, avant 1960 : les noyaux villageois anciens de Fooz, Hognoul, Othée, Villers-l’Évêque et Villers-Saint-Siméon, avec leurs maisons construites en brique locale ou en calcaire, leurs conduites en céramique ou en fonte, leurs collecteurs enterrés sans traçabilité écrite. La deuxième, à partir des années 1970-1990 : les lotissements résidentiels qui ont transformé les plateaux agricoles en zones de maisons pavillonnaires avec conduites en PVC gris et réseaux collectifs récents.
Ces deux générations de bâti coexistent à quelques centaines de mètres l’une de l’autre à Awans. Et leurs canalisations n’ont presque rien en commun. Une conduite en céramique de Fooz des années 1940 se comporte différemment d’un tuyau en PVC d’un lotissement d’Othée construit en 1995. La pression d’hydrocurage adaptée à l’un peut endommager l’autre. Le furet qui suffit dans un appartement récent de Villers-Saint-Siméon ne traite pas les dépôts calcaires accumulés sur 50 ans dans la cuisine d’une maison ancienne de Hognoul.
L’eau distribuée à Awans par le réseau liégeois présente une dureté modérée — autour de 17 à 20 degrés français. Suffisant pour que le tartre se forme progressivement dans les conduites en cuivre des maisons d’avant 1975, sans atteindre les niveaux extrêmes du Tournaisis. Dans les lotissements récents avec conduites en PVC, le tartre est moins problématique — mais les pentes parfois insuffisantes dans les conduites horizontales créent des zones d’accumulation de graisses qui posent leurs propres problèmes.
Awans est entièrement raccordée au réseau collectif d’assainissement. C’est une simplification par rapport à des communes plus rurales comme Aubel ou Assesse — mais ça ne signifie pas que les conduites privées entre la maison et le regard de raccordement sont sans problème. Ces tronçons privés sont sous la responsabilité des propriétaires, et dans les maisons anciennes des noyaux villageois, ils ont souvent l’âge des maisons — c’est-à-dire 70 à 100 ans.
Mardi 18 mars 2025 — intervention dans la rue du Village, à Hognoul. Une propriétaire signalait que son évier de cuisine évacuait mal depuis l’hiver. La maison datait de 1938. Rénovations partielles dans les années 1980 et 2005. La caméra introduite depuis le siphon de cuisine a montré cinq mètres de PVC propre — posé lors de la rénovation 2005 — puis jonction avec un tronçon de conduite en grès de 1938, avec une couche de tartre et de graisses solidifiées d’environ 6 mm sur les parois sur les trois mètres suivants. Ce tronçon en grès rejoignait le collecteur de la rue. L’hydrocurage à pression modérée a nettoyé le tronçon. La propriétaire avait fait rénover sa cuisine sans savoir que les conduites extérieures vieilles de 87 ans étaient encore en service.
Ce type de “rénovation incomplète” — pièces modernisées, conduites sous-jacentes d’origine — est presque la règle dans les maisons anciennes des noyaux villageois d’Awans. On les identifie à la caméra. Pas autrement.



