Débouchage canalisation à Floreffe : ce qu’on trouve dans les vieux tuyaux du val de Sambre
Mercredi 30 avril 2025, 9h22. Appel depuis une ancienne maison de caractère en pierre bleue de la rue de la Sarte à Floreffe-centre, à quelques centaines de mètres de l’abbaye norbertine. Le propriétaire décrit un refoulement par les WC du rez-de-chaussée depuis la nuit. Il a tenté une ventouse — rien. L’évier de cuisine fonctionne encore, mais avec un gargouillis audible à chaque utilisation. La maison date des années 1895 selon le cadastre.
Floreffe est une commune de la vallée de la Sambre, au sud de Namur. Elle regroupe quatre entités : Floreffe-centre, Franière, Lesves et Soye. La commune est dominée par l’abbaye norbertine de Floreffe, fondée au XIIe siècle, dont les bâtiments imposants surplombent la Sambre depuis une hauteur calcaire. Le bâti de Floreffe est à l’image de ce cadre : des maisons en pierre bleue calcaire le long des rues du village, des fermes en moellons dans les hameaux de Lesves et Soye, et quelques constructions plus récentes dans les lotissements des années 1980–2000.
L’eau à Floreffe est fournie par la SWDE depuis les captages du bassin de la Sambre et de ses affluents. Sa dureté est modérée à élevée — entre 20 et 23 °f selon les secteurs. Dans les vieilles maisons en pierre bleue du centre de Floreffe avec des conduites en cuivre ou en fonte des années 1930–1960, l’entartrage progresse de façon mesurable sur le long terme.
Le tartre n’est pas ce qui bouche à Floreffe. Ce sont les graisses, les racines et les fosses.
Dans les zones hors réseau de Lesves et Soye, les fosses septiques insuffisamment entretenues restent la première urgence. Dans le centre raccordé au réseau collectif, ce sont les racines dans les vieux grès et les graisses dans les fontes centenaires.
La commune est partiellement raccordée au réseau collectif d’assainissement. Le centre de Floreffe, Franière et les artères principales de Lesves sont raccordés. Une partie des hameaux isolés de Lesves et Soye reste en assainissement autonome. Le réseau collectif des parties raccordées est partiellement unitaire — eaux usées et eaux pluviales dans les mêmes collecteurs dans les zones les plus anciennes. En période de crue de la Sambre, les zones basses de Floreffe-centre et de Franière peuvent subir des refoulements temporaires liés à la saturation du réseau public.
La Sambre, ici, n’est pas qu’un décor. À Floreffe, elle est aussi une contrainte hydrologique active. En hiver et au printemps, ses crues — moins fréquentes depuis les aménagements récents mais toujours possibles — font monter la nappe phréatique dans les zones riveraines. Les maisons de la rive gauche de la Sambre à Floreffe-centre et les basses terres de Franière ont des collecteurs exposés à cette pression hydrostatique saisonnière. Elle accélère la dégradation des joints et favorise les infiltrations d’eau parasite dans le réseau privé.
À Floreffe ce mercredi matin, le technicien arrive à 10h15. Premier geste : vérifier le regard de façade. Plein. Le bouchon est en aval ou la fosse est saturée — mais cette maison est raccordée au réseau collectif, pas à une fosse. Le bouchon est donc dans le branchement privé entre le regard de façade et le collecteur communal, ou dans le collecteur communal lui-même. La caméra entre par le siphon de sol de la cave à 10h28. Bouchon localisé à 11,3 mètres : accumulation de racines sur 35 centimètres dans un collecteur en grès des années 1890–1900, joint fissuré. Fraisage, hydrocurage à 70 bars — pas plus, vu l’âge du grès. Terminé à 11h47.



