Débouchage canalisation à Froidchapelle : interventions en zone boisée, loin du réseau collectif
Froidchapelle est une commune de l’Entre-Sambre-et-Meuse, aux confins du Hainaut et de la province de Namur, à la frontière avec la Belgique ardennaise. C’est une commune forestière : des hêtraies et des chênaies couvrent une grande part du territoire, des ruisseaux affluents de la Thure et de l’Eau Blanche descendent des plateaux boisés, et les villages — Boussu-lez-Walcourt, Fourbechies, Froidchapelle-centre, Gonrieux, La Folie et Vergnies — sont dispersés dans les clairières et les vallons.
L’eau distribuée par la SWDE à Froidchapelle est parmi les plus douces de toute la Wallonie — entre 14 et 18 °f selon les captages. C’est de l’eau de source dans les massifs boisés de l’Entre-Sambre-et-Meuse, qui n’a traversé que peu de roches calcaires avant d’arriver au robinet. Conséquence directe : le tartre est presque absent dans les conduites de Froidchapelle. Les pommes de douche ne calcifient pas. Les chauffe-eau ne s’entartrent pas en cinq ans. C’est rare en Wallonie.
Ce qui est commun ici, en revanche, ce sont les fosses septiques.
La quasi-totalité du territoire de Froidchapelle est en assainissement autonome. Le PASH wallon classe pratiquement toutes les entités de la commune en zone d’assainissement autonome pour les horizons de planification actuels. Seuls quelques tronçons du centre de Froidchapelle disposent d’un raccordement au réseau collectif. Partout ailleurs — à Gonrieux, La Folie, Vergnies, Fourbechies — la fosse septique est l’unique système de traitement des eaux usées.
Et dans les forêts de Froidchapelle, les arbres sont anciens. Les hêtres et les chênes de ces massifs ont des systèmes racinaires qui s’étendent sur des dizaines de mètres. Un collecteur en grès cérame de 1948 sous une cour de ferme, avec un hêtre centenaire à 8 mètres : les racines ont eu 77 ans pour explorer les joints. Ce n’est pas une hypothèse — c’est ce qu’on trouve à la caméra dans les fermes boisées de la commune.
Mercredi 14 mai 2025, 8h32. Appel depuis une ferme en moellons de schiste bleu de la rue du Centre à Gonrieux. WC bloqués, évier de cuisine lent, odeur dans la buanderie. Le propriétaire n’a « pas vidangé depuis un moment ». La ferme est entourée de bois — un massif de hêtres commence à 20 mètres de la maison. Le technicien arrive à 9h48. La caméra entre par le siphon de sol de la buanderie à 10h02. Le collecteur en grès est propre jusqu’à 12 mètres. La fosse, elle, est à 100 % de sa capacité. Elle déborde en sens inverse dans le collecteur depuis au moins 48 heures.



