Ce que la Hesbaye liégeoise change pour vos tuyaux
Le limon de Hesbaye est l’un des sols les plus fertiles de Belgique. C’est lui qui a nourri les agriculteurs de Lincent, Racour et Pellaines pendant des siècles. C’est aussi lui qui, après une forte pluie, se gorge d’eau sur plusieurs centimètres de profondeur avant de se ressuyer lentement. Pour une canalisation enterrée à 60 ou 80 centimètres dans ce type de sol, ce mouvement répété, hiver après hiver, accentue la fatigue des joints. Dans les maisons les plus anciennes — celles construites en tuffeau, la pierre calcaire extraite localement dans les carrières du village de Lincent — les colonnes en fonte posées lors de la construction ont parfois 80 ou 90 ans. Les joints d’époque, à l’étoupe ou au plomb, ne tolèrent plus les mêmes contraintes qu’au jour de leur pose.
L’eau de Lincent, quant à elle, est modérément calcaire — moins dure qu’en Brabant wallon ou en Hainaut, mais suffisamment chargée pour laisser du tartre dans les coudes et les siphons des maisons les plus vieilles. Ce n’est pas la même dureté qu’à Lessines ou à Ath, mais c’est plus que dans l’Ardenne schisteuse qu’on imagine parfois derrière la province de Liège.
Jeudi 8 mai 2025, Racour : une ferme, une colonne, et une mauvaise interprétation
Appel reçu au 08 113 86 00 à 09h15 ce jeudi 8 mai 2025 pour une colonne de WC complètement bouchée dans une ancienne ferme en tuffeau de la section de Racour, non loin de l’église Saint-Christophe dont la tour romano-gothique du XIVe siècle domine encore le village. Le propriétaire avait tenté un produit chimique du commerce la veille, sans résultat. Le propriétaire avait tenté un produit chimique du commerce la veille, sans résultat.
09h47 — Arrivée. Premier regard extérieur : le niveau dans le regard est légèrement élevé, mais pas critique. Pas de refoulement visible en surface.
10h02 — Passage caméra dans la colonne principale. Résultat : une accumulation de tartre sur un tronçon de fonte d’environ 1,8 mètre, réduisant le passage à moins de 40 % de la section utile. Le produit chimique n’avait pas mordu sur ce type de dépôt, ce qui est prévisible : les produits du commerce agissent sur les résidus organiques, pas sur le calcaire minéralisé.
10h25 — Hydrocurage ciblé à pression modérée. Durée effective : 18 minutes.
10h50 — Contre-passage caméra. Colonne dégagée à plus de 90 % de sa section d’origine. Un tronçon de 30 centimètres, légèrement corrodé, a été signalé au propriétaire comme point de vigilance pour les prochaines années.
11h05 — Rapport transmis avec captures d’écran. Proposition de curage préventif annuel, non imposée.
-

Trois villages, trois profils de bâti
château MichauxLa commune de Lincent regroupe trois entités depuis la fusion de 1977. <strong>Lincent</strong> est le chef-lieu, avec ses deux châteaux — le château Michaux néo-gothique de 1904 et le château Ulens — et les ruines classées de son ancienne église romano-gothique, cadre de spectacles locaux depuis leur classement en 1943. C’est aussi ici qu’on trouve la carrière de tuffeau qui a fourni le matériau de construction de la région pendant des siècles. La ferme Michaux, construite en tuffeau et moellons de silex à la fin du XVIIe siècle, illustre parfaitement ce bâti caractéristique.
<strong>Racour</strong>, au cœur de la Hesbaye, est le village le plus agricole des trois. Son église Saint-Christophe, avec sa tour romano-gothique du XIVe siècle que les seigneurs de Racour — vassaux des ducs de Brabant — ont élevée en tuffeau, en est le monument le plus visible. Une sucrerie y a été construite en 1864 ; les bassins de décantation de l’ancienne sucrerie constituent aujourd’hui la réserve naturelle du Haut-Geer, au bord du cours d’eau qui longe le territoire communal.
<strong>Pellaines</strong> est le plus discret des trois villages. Son histoire est profondément liée à l’abbaye d’Heylissem — l’église de Pellaines est la première que la jeune abbaye a incorporée à sa fondation, en 1180. On y trouve encore un château-ferme en tuffeau des XVIIIe et XIXe siècles, et plusieurs chapelles rurales qui ponctuent la campagne de leurs dévotions.
Les canalisations de Lincent : ce qui revient le plus souvent
Dans les maisons en tuffeau de Lincent-centre et de Racour, construites entre 1880 et 1950, l’entartrage des conduites en fonte reste le problème principal. Le calcaire modéré de la Hesbaye s’y dépose lentement mais régulièrement, surtout dans les coudes horizontaux où l’eau stagne quelques instants entre deux usages.
À Pellaines, dont le sol a longtemps été marécageux — le nom “Pellaines” dérive d’un terme désignant les marécages, attesté en 1335 — certaines habitations construites sur des terres anciennement humides présentent des joints plus vulnérables, fragilisés par des décades de contact avec une humidité résiduelle dans le sol.
Dans les fermes rénovées des trois villages, une cause supplémentaire revient fréquemment : les racines des vieux arbres. Les jardins bocagers de la commune, avec leurs haies plantées depuis plusieurs générations, produisent des racines qui trouvent les joints fissurés des vieilles conduites comme autant de sources d’humidité. Ce phénomène ne touche pas que les fermes — les jardins des maisons ouvrières construites dans la première moitié du XXe siècle y sont tout autant exposés.
À noter : Le choix du matériau de vos canalisations influence leur durabilité et leur entretien. Si vous avez des doutes sur l’état de vos conduits, n’hésitez pas à contacter Sanexpress pour une inspection professionnelle.