Débouchage canalisation à Morlanwelz : bassin du Centre, eau très dure et ce qu’on trouve dans les conduites d’un siècle
Voici ce qu’on trouve réellement dans les canalisations de Morlanwelz quand on y met la caméra : du tartre. Beaucoup de tartre. Des colonnes en fonte de 1920 à 1950 avec une section réduite à 40–55 % de leur diamètre d’origine, des coudes entièrement obstrués par des dépôts compacts, des branchements extérieurs en grès où les dépôts calcaires se mélangent aux radicelles des jardins anciens des cités minières. L’eau à Morlanwelz est très dure — entre 22 et 25 degrés français selon les captages du bassin du Centre — et elle a travaillé dans ces conduites depuis des décennies sans interruption.
Morlanwelz est une commune du bassin charbonnier du Centre, entre La Louvière et Binche. Ses quatre entités — Morlanwelz-centre, Carnières, Mont-Sainte-Aldegonde et La Hestre — ont été façonnées par les charbonnages du Centre au XIXe et au XXe siècle. Des cités ouvrières construites pour les mineurs, des maisons mitoyennes en brique rouge alignées le long des rues, des installations sanitaires standardisées posées entre 1900 et 1950. Cent ans plus tard, ces colonnes en fonte sont toujours là — et elles ont accumulé.
À 22–25°f, une conduite en fonte perd environ 3,5 mm de section par décennie dans ce secteur. En cinquante à quatre-vingts ans sans curage, c’est 17 à 28 mm de dépôt sur toute la circonférence d’une conduite de 100 mm. Exprimé en pourcentage : une réduction de section de 35 à 56 %. Une conduite à 45 % de sa section utile fonctionne encore — juste. Elle évacue l’eau si on ne lui demande pas trop. Mais elle bouche au premier épisode de graisse en surplus, à la première lingette, au premier bouchon de cheveux qui vient s’agglomérer sur le tartre existant.
Samedi 24 mai 2025, intervention à Carnières. Propriétaire d’une maison ouvrière de 1927. Évier de cuisine et douche qui ne s’écoulent plus depuis la veille. Il a utilisé un produit chimique du commerce — résultat nul. On arrive avec la caméra. La colonne principale en fonte de 1927 : dépôts sur toute la longueur, section à 43 % au coude principal. Le branchement extérieur en grès montre aussi des radicelles dans le premier tiers — un rosier ancien planté dans le jardin il y a quarante ans. Deux problèmes distincts dans la même propriété, qui se traitent avec des méthodes différentes.
À La Hestre, le profil est similaire — des maisons ouvrières d’entre-deux-guerres avec des conduites qui ont le même âge que les maisons. Mont-Sainte-Aldegonde a un bâti légèrement plus varié — quelques maisons bourgeoises du début du XXe siècle aux conduites plus récentes, quelques constructions des années 1960–1980 avec du PVC. Dans les constructions récentes, les problèmes sont différents : pas de tartre massif, mais des pentes insuffisantes dans les branchements extérieurs ou des lingettes dans les siphons.
Morlanwelz-centre a un tissu plus mixte encore — des commerces, des immeubles de rapport, des maisons individuelles d’époques variées. Dans les immeubles avec des colonnes collectives en fonte, une obstruction partielle affecte tous les logements simultanément — c’est le signal le plus clair qu’une colonne collective a besoin d’un entretien urgent. Dans les maisons individuelles, l’obstruction progressive se manifeste d’abord par un évier lent, puis une douche qui ralentit, avant que l’obstruction complète ne survienne.
Pour distinguer un dépôt de tartre dans la colonne, des radicelles dans le branchement extérieur, et une pente insuffisante dans une section récente, la inspection caméra canalisation est l’outil indispensable. À Morlanwelz, ces trois causes coexistent souvent dans la même propriété. Les traiter sans avoir regardé d’abord, c’est risquer de traiter la mauvaise.



