Appel au 04 378 36 84 à 10h20, ce jeudi 15 mai 2025. Propriétaire d’une maison en briques rouges à Moxhe, village arrosé par la Mehaigne. Évier de cuisine qui refoulait depuis deux jours lors d’une utilisation intensive. Deux passages au produit du commerce les jours précédents. Sans résultat durable.
Le diagnostic caméra a révélé : dépôt calcaire sur 1,4 mètre de fonte horizontale sous le plan de travail, réduisant la section à 42 %. Sur cette surface rugueuse entartrée, une accumulation de graisse s’était collée — la graisse des repas des jours précédents, qui sur une conduite lisse se serait évacuée normalement.
Le produit du commerce avait dissous une partie de la graisse. Mais le calcaire sous-jacent était intact — et il a recollé une nouvelle couche de graisse en quelques jours. C’est le mécanisme exact de la récidive rapide dans les maisons hesbaonnes : on traite la conséquence, pas la cause.
Hydrocurage en deux passes à 85 bar. Contre-passage caméra : conduite propre à 89 %. Recommandation transmise : curage préventif annuel pour ce secteur de Hesbaye à eau dure. Coût d’un curage préventif annuel sur cinq ans, nettement inférieur à la somme des interventions d’urgence pour les mêmes conduites.

Hannut, 18 villages et la Hesbaye sèche
Hannut est l’une des communes les plus étendues de la province de Liège. Depuis la fusion de 1977, elle regroupe 18 sections : la ville de Hannut et les villages d’Abolens, Avernas-le-Bauduin, Avin, Bertrée, Blehen, Cras-Avernas, Crehen, Grand-Hallet, Lens-Saint-Remy, Merdorp, Moxhe, Petit-Hallet, Poucet, Thisnes, Trognée, Villers-le-Peuplier et Wansin. Elle compte plus de 15 500 habitants — l’une des communes les plus peuplées de l’arrondissement de Waremme.
Son territoire se situe à la confluence de cinq provinces : Liège, Namur, Brabant wallon, Brabant flamand et Limbourg. Cette position de carrefour géographique et économique se retrouve dans les axes routiers qui traversent la commune : la RN 64 (Tirlemont-Huy), la RN 80 (Namur-Hasselt), l’autoroute E40 à 5-10 kilomètres au nord et à l’est.
Le paysage hannutois est le parfait exemple de “openfield” : de vastes étendues de champs sans haie ni clôture, dans les tons de jaune et d’ocre selon les saisons. Très peu de zones boisées. Le relief est légèrement ondulé, avec des vallées peu profondes orientées sud-ouest–nord-est. La Mehaigne traverse le sud de la commune, notamment Moxhe et Avin. Le Geer longe l’est. La Gette irrigue le nord-ouest.
Ce que les openfields disent des canalisations
Pas d’arbre, pas de racine. C’est la première bonne nouvelle pour les canalisations extérieures à Hannut : le risque d’infiltration racinaire est très faible dans la grande majorité des villages. Les openfields hannutois ne ménagent pas de vieux chênes qui enverront leurs racines chercher l’humidité dans les joints des conduites.
En revanche, l’eau calcaire de la Hesbaye est bien présente — et elle agit de manière uniforme sur toutes les conduites en fonte de la commune, quelle que soit la section du village. C’est la variable qui structure tout le profil de risque à Hannut : calcaire, toujours calcaire, depuis Avin jusqu’à Grand-Hallet.
Les 18 villages et leurs profils
Hannut-ville est le centre commercial et administratif, avec une population dense et un bâti mixte : maisons de bourg des XIXe et XXe siècles, immeubles d’après-guerre, constructions récentes. Plopsaqua, inauguré en 2020, a renforcé l’attractivité commerciale et touristique du centre.
Avin et Moxhe, au sud, sont traversés par la Mehaigne. L’eau y est parmi les plus calcaires de la commune, au contact des formations du Condroz voisin. Le couvent des pères Croisiers est établi à Avin depuis plusieurs siècles.
Thisnes, Crehen et Villers-le-Peuplier forment presque une agglomération continue avec Hannut-ville tant les zones bâties se sont rejointes. Le bâti y est diversifié, mêlant fermes hesbaonnes et lotissements récents.
Grand-Hallet et Petit-Hallet se sont eux aussi rejoints, tendant vers Wansin. Le moulin du Henri-Fontaine à Grand-Hallet date du XVIIe siècle. Le château-ferme de Trognée, également du XVIIe siècle, est l’un des témoins du bâti agricole hesbayon à son apogée.
Lens-Saint-Remy est remarquable géographiquement : c’est près de ce village que se trouve la source du Geer, une rivière qui part de Hesbaye et rejoint la Meuse à Maastricht. La villa gallo-romaine de Lens-Saint-Remy se trouvait non loin de l’actuelle route de Huy, sur la chaussée romaine Bavay-Tongres qui longe le sud de la commune.
Avernas-le-Bauduin porte en son église une imposante tour-refuge en moellons de silex et de grès mentionnée dès le XIIe siècle. Merdorp et Bertrée, plus discrets, ont des fermes en carré caractéristiques qui reflètent la richesse agricole historique de la Hesbaye.