Débouchage à Leuze-en-Hainaut : dix villages, une eau calcaire et des conduites qui s’entartrent
Mercredi 9 avril 2025. Appel depuis Pipaix, 11h00. Propriétaire d’une maison de maître du début du XXe siècle — la même génération que la célèbre Brasserie à Vapeur de Pipaix, ouverte en 1785 et toujours en activité. La cuisine est au sous-sol, comme dans beaucoup de ces anciennes constructions. L’évier n’écoule plus depuis deux jours. Le propriétaire a tenté le furet. L’inspection caméra révèle la situation réelle : un collecteur horizontal sous la dalle du sous-sol, en fonte d’origine, réduit à environ 25 % de sa section par un dépôt mixte de tartre calcaire et de graisses solidifiées. La Brasserie à Vapeur fonctionne depuis plus de deux siècles — les canalisations de ce logement n’avaient, elles, pas été entretenues depuis bien plus longtemps qu’il n’aurait fallu.
Leuze-en-Hainaut est une commune de Wallonie picarde, en province de Hainaut, dans l’arrondissement de Tournai. Ses quelque 13 900 habitants se répartissent dans dix sections : Leuze-en-Hainaut, Blicquy, Chapelle-à-Oie, Chapelle-à-Wattines, Gallaix, Grandmetz, Pipaix, Thieulain, Tourpes et Willaupuis. La commune s’étend sur 73 km² de bocage hainuyer, un paysage de prairies, de haies, de fermes et de villages à l’architecture traditionnelle en brique rouge du Hainaut occidental.
La Dendre occidentale, affluent de la Dendre, traverse le nord du territoire communal. Cette rivière structure le paysage et l’histoire de Leuze — la ville s’est développée dans la vallée de la Dendre occidentale, à une altitude modeste (entre 45 et 60 mètres selon les endroits). Cette position dans la vallée implique, pour les propriétés riveraines, une nappe phréatique proche de la surface. Les collecteurs enterrés dans ces zones subissent des variations de pression externe selon les saisons et les épisodes pluvieux.
L’eau distribuée par la SWDE à Leuze-en-Hainaut est dure. Le Hainaut occidental repose sur des formations calcaires qui enrichissent naturellement les eaux souterraines en calcium et en magnésium. La dureté de l’eau dans l’arrondissement de Tournai se situe régulièrement entre 25 et 30 degrés français — une eau dure qui dépose progressivement du tartre sur les parois intérieures de toutes les conduites. Dans une maison de Tourpes, de Blicquy ou de Pipaix dont les tuyaux n’ont jamais été curés depuis leur installation, cette accumulation peut réduire la section utile d’un collecteur de 30 à 45 % sur vingt ans.
Leuze a aussi une histoire ancienne que son sous-sol reflète. La chaussée romaine de Blicquy — axe secondaire reliant Blicquy à Tournai — a laissé des traces dans la géologie locale. Des fouilles archéologiques à Blicquy ont mis à jour un sanctuaire gallo-romain avec offrandes et structures en dur. Les couches successives d’occupation humaine sur ce territoire créent un sous-sol stratifié : remblais anciens, fondations disparues, zones de sol remanié. Dans les propriétés situées sur ces couches archéologiques — particulièrement à Blicquy et dans les quartiers anciens de Leuze-centre — les collecteurs posés sans connaissance de ce sous-sol complexe peuvent présenter des discontinuités inattendues.
La commune est aussi connue pour ses brasseries artisanales. Tourpes abrite la Brasserie Dupont, productrice de saisons et de bières de spécialité reconnues internationalement. Pipaix est le siège de la Brasserie à Vapeur, l’une des plus anciennes brasseries encore en activité de Belgique. Ces établissements génèrent des rejets spécifiques — drêches humides, eaux de rinçage chargées en sucres — qui, s’ils atteignaient les installations privées voisines, créeraient des déséquilibres dans les fosses septiques et des dépôts spécifiques dans les collecteurs. La cohabitation entre activité brassicole et résidentiel à Tourpes et Pipaix est un facteur local que nous prenons en compte lors de nos diagnostics. La brasserie est toujours en activité le week-end, et ses bières produites à la vapeur attirent des visiteurs de toute la Belgique dans ce petit village du Hainaut occidental — créant ponctuellement des charges d’utilisation élevées sur les réseaux sanitaires des gîtes et logements d’accueil locaux.




