Débouchage WC à Dinant : vallée de la Meuse, calcaire et ce que le tourisme fait aux réseaux d’évacuation
Vendredi 4 avril 2025, 19h15. Appel d’une propriétaire de la rue Grande à Dinant — son WC ne s’évacue plus depuis le matin. Elle a une chambre d’hôtes avec trois chambres. Un groupe de six personnes arrive le lendemain. Elle a essayé la ventouse pendant une demi-heure. Rien. On arrive à 20h40. La caméra descend dans la colonne principale en fonte — tartre calcaire sur toute la longueur, section réduite à environ 38 % à l’endroit le plus encrassé. Hydrocurage en deux passages, quarante minutes. Le groupe de six personnes ne s’est jamais aperçu de quoi que ce soit.
Dinant est une ville de la Meuse namuroise — la citadelle sur le rocher calcaire, la collégiale Notre-Dame et son bulbe caractéristique, la Meuse qui coule entre les falaises. Adolphe Sax y est né. Les couques de Dinant aussi. Et les réseaux d’évacuation de ses maisons anciennes ressemblent à ce qu’on trouve dans toutes les villes mosanes : de la fonte des années 1920 à 1960 dans les habitations bourgeoises du centre, du grès dans les branchements extérieurs, et de l’eau calcaire — entre 15 et 20 degrés français selon les secteurs — qui dépose du tartre dans toutes les conduites depuis des décennies.
La commune de Dinant est grande. Seize entités s’étirent sur plus de soixante kilomètres carrés le long de la Meuse et dans les vallées secondaires — la Lesse à Anseremme, le ruisseau de Falmagne, les combes boisées autour de Furfooz. Ce territoire morcelé crée des profils d’assainissement très différents selon qu’on est dans le centre-ville raccordé au collecteur mosan, dans un village comme Lisogne partiellement hors réseau, ou dans un hameau isolé autour de Hulsonniaux où les fosses septiques sont la norme.
À Bouvignes-sur-Meuse, village médiéval classé au nord de Dinant, les maisons des XIVe–XVIIe siècles ont des conduites qui datent de leur première mise aux normes sanitaires — souvent les années 1920–1940. Ces conduites en fonte et en grès sont vieilles de quatre-vingts à cent ans. L’eau calcaire de la Meuse y a déposé du tartre régulièrement. Sans curage depuis leur pose dans certains cas, ces conduites peuvent avoir leur section réduite de moitié ou plus.
Anseremme, à la confluence de la Lesse et de la Meuse, est un village touristique très fréquenté — kayak, camping, hébergements divers. Le profil d’usage des habitations y est atypique : des maisons permanentes côtoient des résidences secondaires et des hébergements à usage intensif pendant la saison estivale. Les fosses septiques des propriétés non raccordées au collectif reçoivent en juillet-août une charge dix fois supérieure à la charge annuelle normale. Sans vidange préventive en fin de saison, elles saturent.
Les villages des hauteurs — Sorinne-la-Longue, Thynes, Hour, Hulsonniaux — ont un profil différent. Perchés sur le plateau calcaire namurois au-dessus de la Meuse, ils ont une eau légèrement plus dure et un bâti essentiellement agricole. Fermes namuroises en calcaire local, conduites en grès ou en fonte, fosses septiques pour les habitations hors réseau. C’est là que les distances d’intervention sont les plus longues — mais on y va.
Pour comprendre ce qu’on va traiter avant d’intervenir dans ce territoire varié, la inspection caméra canalisation est l’outil de base. À Dinant plus qu’ailleurs, où le bâtiment peut dater du XVIIe ou du XXe siècle, où le réseau peut être collectif ou autonome selon le côté de la rue, cette étape n’est pas accessoire.





